Archives de catégorie : Sautoir

091 — Samedi 21 juin 2014

[Courgettes croquantes au tofu, sauce soja et épices papillon (gingembre, bois d'inde et colombo), pâtes complètes aux poireaux, céleri rave en purée, tomate.]

[Courgettes croquantes au tofu, sauce soja et épices papillon (gingembre, bois d’inde et colombo), pâtes complètes aux poireaux, céleri rave en purée, tomate.]

Je suis passée tout à l’heure à la bibliothèque. Sur la première page du Monde (j’ai vérifié que c’était bien celui daté de samedi ; c’est compliqué leur histoire de « journal du soir »), j’ai donc écrit au crayon papier « R. 21/06 17 h concert à la paroisse. Ctte. » J’ai trouvé ça joli, de signer « Ctte » ! Je vais le garder si j’ai besoin d’un nom pour mes créations. Il faut prononcer « C, deux t, e » ; on dirait un truc de DJ ! Cela me fait rire de jouer la branchée dans ma jupe plissée !
Pour ce soir, j’ai choisi une robe fleurie ; cela fait un peu bio et devrait coller à son look bobo. Il va faire doux et j’ai un très joli châle que j’avais tricoté il y a fort longtemps. J’hésite à mettre un chapeau ; j’en ai un très flatteur assorti à la robe mais nous serons en intérieur. C’est un peu ridicule, non, un chapeau en intérieur ? En même temps, c’est original. Comme j’ai de toute façon l’air un peu coincée, autant que je fasse mon originale. Les dames de la paroisse adorent faire des commentaires sur les toilettes, cela les occupera.
Je vais boire un café et y aller. Il faut que j’aide à l’installation. Il est sans doute un peu tôt mais je ne tiens pas en place et j’ai mal au ventre. À mon âge, c’est quand même un comble ! Pourvu que je ne me comporte pas trop comme une gamine si elle vient. Et je lui donnerai mon numéro de téléphone, juré ! Je pourrais peut-être l’écrire sur un petit papier ? Mais cela fait trop préméditer, non ? Ouh ! là là ! Qu’est-ce que c’est compliqué, l’amour !
À plus !

083 — Lundi 9 juin 2014

[Purée de pois cassés, carottes, courgettes crouantes gingembre et sauce soja, tomate, cabillau, nouilles chinoises, crème de soja, ciboulette.]

[Purée de pois cassés, carottes, courgettes crouantes gingembre et sauce soja, tomate, cabillau, nouilles chinoises, crème de soja, ciboulette.]

Voilà un week-end des plus festifs ! La Pentecôte, l’anniversaire du Débarquement… et ces socialos même pas capables de transformer un tel événement en élan national ! On les voit qui pérorent aux côtés des grands de ce monde dans leurs costumes mal ajustés. Je me demande d’ailleurs qui les habillent nos « officiels ». Franchement, on dirait des pingouins et, pour des progressistes, ils adoptent vraiment des coupes d’un classique ! Si on y réfléchit bien, ils font la politique de leurs costumes : conservatisme sans créativité !
J’ai d’ailleurs appris que François le Riquiqui (c’est encore mieux que le Petit) avait dîné avec Barack avant de souper avec Vladimir. Si ce n’est pas une attitude conservatrice, ça ! À l’heure où chacun s’accorde à penser que l’on mange trop et qu’il nous faut réduire notre consommation alimentaire, pour notre santé comme pour la planète, et bien lui, il s’enfile deux repas, et non des moindres si j’en crois le menu annoncé ! Les écolos ont bien fait de quitter le gouvernement, c’eut été une nouvelle couleuvre à avaler, ce qui est d’autant plus désagréable quand on se nourrit en mode décroissance.
Allez, je vais éteindre la radio et aller profiter de ce beau temps de fin de printemps ; l’Esprit Saint a réussi à percer mes remparts. Je vais faire une longue promenade et prier à l’air libre ; parfois, les belles architectures des églises ont un côté chape de plomb.
À plus !

055 — Samedi 26 avril 2014

[Ratatouille et crème de soja, semoule de couscous, brocolis, merguez, lentilles germées.]

[Ratatouille et crème de soja, semoule de couscous, brocolis, merguez, lentilles germées.]

C’est bon d’avoir le temps d’aller chaque jour à la bibliothèque. C’est bon d’avoir le temps. J’ai livré les dernières aubes hier. Je peux reprendre un rythme tranquille jusqu’au prochain épisode intense. Je vais en profiter pour me faire un chemisier. J’ai trouvé un bel échantillon de soie au marché Saint-Pierre, à bon prix. J’avais en réserve une série de boutons qui vont donner un cachet tout à fait particulier. Cela me plaît.
Je réfléchis toujours à cette collection de tenues de mariage pour lesbiennes. J’en ai parlé à mon amie albinos. Bien qu’elle trouve qu’il est idiot de se marier (c’est une grande partisane de l’amour libre… et de la polygamie ; ce qui devrait suffire à prouver que l’ouverture du mariage était une nécessité morale), elle pense que mon idée est bonne. Je ne sais pas trop que penser de son argument (« Tu vas te faire un max ! », m’a-t-elle dit) mais c’est encourageant.
Il faudrait peut-être que je démarche des revendeurs et fabricants, avant de me lancer. Ou alors, je me contente d’une production très artisanale avec uniquement du sur mesure. Je ne suis pas sûre qu’il y aura des mariées qui en auront les moyens… C’est bien compliqué, tout ça. Avoir une idée, décidément, ne suffit pas. J’ai une série d’ourlets à faire. Cela tombe bien. Je n’ai plus envie de réfléchir !
À plus !

035 — Vendredi 28 mars 2014

[Courgette croquante au gingembre, doubeurre et tofu mariné sauce soja, semoule de blé dur au lait d'avoine, avocat.]

[Courgette croquante au gingembre, doubeurre et tofu mariné sauce soja, semoule de blé dur au lait d’avoine, avocat.]

Voilà une assiette bien frugale. Un peu triste aussi ? Un peu triste, en effet. Je suis en train de vider mon frigo et j’ai fait avec ce qu’il y avait : une courgette un peu passée, le doubeurre pas très bon qui restait, du tofu mariné et beaucoup de gingembre. Cela manquait d’une bonne sauce tomate. Avec les beaux jours, je vais pouvoir en refaire et en congeler. Ah ! les beaux jours. En attendant, il me reste une moitié de carême pour faire le vide, dans mon cœur, dans mes placards, cela revient au même. Hier, j’ai retrouvé une robe que j’avais confectionnée pour Stéphanie. Je comptais la lui offrir pour son anniversaire. Elle est partie quelques jours avant. Triste réalité.
Stéphanie portait des robes et des jupes. C’est rare pour une lesbienne, ce d’autant qu’elle aimait les vêtements travaillés avec des boutons, des dentelles et moult rubans. Je me régalais à lui coudre ses robes, dessinant parfois moi-même le patron, commandant de belles étoffes. Certains subliment dans la cuisine, moi, c’est cuisine et couture. Je fais presque tous mes vêtements. Je suis plus classique que ne l’était Stéphanie, très catho-pull-bleu-marine-jupe-droite-carré-Hermès. Cela nous faisait rire ! Entre elle, pimpante, et moi, austère chic, qui aurait pu croire que nous étions en couple ? On nous prenait souvent pour deux sœurs, d’ailleurs. Cela nous arrangeait bien.
Quand j’ai retrouvé cette robe hier, j’ai pleuré. Jo a semblé en être affecté. Il a cessé de chanter sans que j’aie besoin de le couvrir. Il y avait tant d’heures de travail, dans cette robe ! Et de la belle marchandise. D’amour. Ce matin, je devais faire une livraison. Au retour, je suis passée rue de Vaugirard chez un soldeur de luxe qui vend aussi quelques créations. Il m’a pris la robe pour pas grand-chose… mais voilà ; une page est tournée ; la robe fera le bonheur d’une femme. Le bonheur d’une femme. Moi ?
À plus !