Archives de catégorie : Rôtissoire

155 — Samedi 20 septembre 2014

[Soupe à la chinoise (oignon, ail, gingembre, bois d'Inde, coriandre, chou de Shanghai, carotte, champignons déshydratés, reste de sauce tomate en bocal, bouillon Phö) et raviolis au porc et crevette.]

[Soupe à la chinoise (oignon, ail, gingembre, bois d’Inde, coriandre, chou de Shanghai, carotte, champignons déshydratés, reste de sauce tomate en bocal, bouillon Phö) et raviolis au porc et crevette.]

Il est revenu ! Il est revenu !
— Pilipi-piou-C’est-päques ?-Et-mes-chocolats ?-piou-piou !
Non, Jo, il y a Noël avant, et la saint-glinglin !
Oh ! que je suis énervée. Vous savez que j’ai toujours soutenu Nicolas mais là, ce retour d’inspiration messianique, c’est d’un ridicule ! Et cette Nathalie qui veut se refaire une santé politique sur son dos ! J’ai même entendu Nadine du fin fond du parlement de Strasbourg nous expliquer qu’elle avait sa place dans le retour de Nicolas, comme si c’était à chacun de s’autoproclamer prophète et apôtre ! Je ne sais même pas si le Riquiqui sera assez mauvais pour leur permettre de gagner tant ils ne sont pas meilleurs… Oh ! Que ça me…
— Pilipi-piou-Mes-chocolats !-piou-piou !
Tu as raison, Jo, on va se manger un petit chocolat. On en a bien besoin et avec toute la piscine et la marche de cet été, j’ai perdu deux petits kilos dont l’absence me va à ravir. Je me sens plus légère. Ce n’est pas que je sois grosse mais j’ai un petit embonpoint qu’il me faut contrôler. Rosalie, elle, est plutôt maigre. On lui voit les os. Elle ne met pas des tenues qui permettent bien d’observer ses fesses mais j’ai l’impression qu’elles sont un peu creuses ; je ne sais pas si je vais aimer ça.
— Pilipi-piou-t’as-qu’à-y-cooler-la-main !-piou-piou !
Tu as raison Jo, on se prend un deuxième chocolat.
À plus !

148 — Mercredi 10 septembre 2014

[Tomate, nouilles chinoises fraîches, brocolis, concombre, carottes et cristophine râpées, fromage frais portugais d'une dame de la paroisse, samoussa au bœuf, coriandre, sauce nem et piment.]

[Tomate, nouilles chinoises fraîches, brocolis, concombre, carottes et cristophine râpées, fromage frais portugais d’une dame de la paroisse, samoussa au bœuf, coriandre, sauce nem et piment.]

Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment, c’est comme si j’avais une tonne d’énergie à dépenser ! À la piscine, ce matin, j’ai dû rajouter au moins dix longueurs à ma séance habituelle. Et je n’étais pas rassasiée ! Si ça continue, je vais faire du judo comme me le conseille mon amie albinos. Peut-être que cela canalisera mon trop-plein d’énergie ? Heureusement, ce matin, j’ai dû aller chercher des commandes dans une boutique du 7e arrondissement. J’y suis allée d’un pas vif ! Retour en métro, tout de même. J’avais lourd à porter.
Ce qui est d’autant plus étrange, d’ailleurs, c’est qu’en même temps que j’ai envie de courir un marathon, je manque totalement de tonus dans mon ouvrage. Et dans mes activités paroissiales. À croire que…
— Pilipi-piou-Hi hi !-piou-piou !
Qu’est-ce que tu dis, Jo ?
— Pilipi-piou-Hi hi !-piou-piou !
Tu te prends pour Gégé, maintenant ? Je suis cernée par les appels à la luxure ! Je le sens bien dans vos commentaires, vous aimeriez tous que je « passe à l’acte » comme disent les psychanalystes quand il s’agit de commettre le pire des forfaits. Mais j’y suis, dans l’acte, non ? Il n’y a pas que la génitalité dans le rapport sexuel.
— Pilipi-piou-Tu-avoues,-enfin !-piou-piou !
Rien du tout, Jo. Je n’avoue rien du tout ! C’était un propos général, juste pour dire que je ne fais pas rien. Simplement, je…
— Pilipi-piou-Tu ?-piou-piou !
Ça va Jo ! Oui, j’en crève d’envie ! Tu es content ?
— Pilipi-piou-Hi hi !-piou-piou !
À plus !

135 — Samedi 23 août 2014

[Sucrine, galette de céréales complètes aux quatre graines (lin brun, courge, tournesol, pavot), ratatouille, haricots verts, raifort.]

[Sucrine, galette de céréales complètes aux quatre graines (lin brun, courge, tournesol, pavot), ratatouille, haricots verts, raifort.]

Rosalie est de retour ! Elle m’a envoyé un texto ce matin tôt pour me dire qu’elle était rentrée à Paris hier après-midi, préférant faire la route avant le gros des troupes. Elle a déposé sa mère chez son frère. Elle va y rester quelques jours. Vive la liberté ! Youhou ! Ce soir, elle m’invite à dîner au restaurant près de chez elle. Depuis, je sautille !
— Pilipi-piou-piou-bassine-d’eau-froide-piou-piou !
Tu as raison Jo, si j’ai l’opportunité ce soir, je couche. Je n’en peux plus d’attendre. Tant pis pour mes bonnes résolutions. Même si c’est juste un plan cul (que je n’aime pas cette expression !), au moins, je passerai du bon temps. C’est bien, les galettes de céréale avec des légumes mais il y a un moment où le corps réclame des choses plus consistantes ! Du sexe ! Oui, du sexe !
— Pilipi-piou-piou-ouh ! là là !-piou-piou !
Mais qu’est-ce qui me prend ? Tu as raison Jo, je déraille. Je ne sais même pas si j’aurai envie de quelque chose. Elle n’est pas tant à mon goût, physiquement. Et même si sa conversation est agréable, cela ne fait pas tout. Je verrai bien. Il faut que je passe à l’église cet après-midi. J’irai directement au rendez-vous après quelques prières qui ne pourront que m’apaiser. Il ne faut pas que j’oublie de prendre le sac que je lui ai préparé. Autre chose ?
Jésus me dira.
À plus !

122 — Mardi 5 août 2014

[Pizza bon marché enrichie aux anchois, olives noires et basilic (de ma jardinière), batavia, tomates, chou-fleur, poivron, jaune, huile d'olive au piment.]

[Pizza bon marché enrichie aux anchois, olives noires et basilic (de ma jardinière), batavia, tomates, chou-fleur, poivron, jaune, huile d’olive au piment.]

Billet nº 122 ; cela doit être un signe. Mon horoscope était bon, ce matin, il disait que j’allais séduire la terre entière, et surtout la « gent masculine » ; j’ai traduit, bien sûr, ces horoscopes ignorent l’homosexualité. Et il y a ce « 22 », dans « 122 ». Je ne sais pas pourquoi, mais cela a toujours été mon nombre fétiche, le « 22 ».
Pendant des années, j’ai joué au loto, les numéros « 10, 21, 22, 23, 36, 39, 49 ». Je faisais un « multiple », pour les avoir tous. Je n’ai jamais gagné mais ce sont là mes nombres porte-bonheur ; j’en suis sûre. Peut-être que je n’ai pas gagné parce que l’argent n’est pas mon bonheur ? J’ai ce qu’il me faut, je n’en veux pas plus. J’ai arrêté de jouer, sauf les vendredis 13, comme tout le monde, et d’autres fois, comme une pulsion. Je fais un flash. C’est comme un test. « Malheureux au jeu, heureux en amour. » J’aime perdre, à tous les jeux !
— Pilipiou-piou-tu-es-folle-piou-piou !
Oui, Jo, sans doute. Surtout, ce n’est pas très catholique ce genre d’idolâtrie ; je ne suis pas meilleure que les autres, je m’arrange aussi avec Dieu quand il ne m’arrange pas tant qu’il s’en donne l’air. D’ailleurs Jo, tu auras remarqué que cela marche. Hier, j’ai joué deux euros en rentrant de mes commissions. Et j’ai perdu. Un quart d’heure après, Rosalie m’a envoyé un texto de bonne soirée. Je l’ai rappelée et nous avons bavardé une bonne heure ; sa mère était au lit ; j’ai passé un moment très agréable. Il me languit à présent qu’elle revienne sur Paris, la voir, lui parler, l’emb…
— Pilipiou-piou-hi !-hi !-piou-piou !
C’est toi qui es fou, Jo ! Jamais je n’oserai.
À plus !

112 — Mardi 22 juillet 2014

[Semoule de couscous, ratatouille, purée de pois cassés, hareng fumé.]

[Semoule de couscous, ratatouille, purée de pois cassés, hareng fumé.]

Vous croyez aux coïncidences ? Cette nuit, je me suis réveillée en sueur ; ni les orages, ni la touffeur n’y étaient pour quelque chose. J’ai rêvé de Rosalie. Et pas n’importe quel rêve ! Et pas n’importe quelle sueur ! Oh ! Je sais, je ne devrais pas évoquer des choses si intimes mais je suis bouleversée. Jamais je n’avais fait un tel rêve érotique. Et voilà que ce matin, je regarde la lecture que nous ferons à la messe de ce soir. Le Cantique des cantiques, « J’ai cherché celui que mon cœur aime ».

« Sur mon lit, la nuit, j’ai cherché celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. Oui, je me lèverai, je tournerai dans la ville, par les rues et les places : je chercherai celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé. Ils m’ont trouvée, les gardes, eux qui tournent dans la ville : « Celui que mon âme désire, l’auriez-vous vu ? » À peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon âme désire : je l’ai saisi et ne le lâcherai pas. » (Ct 3, 1-4a)

Dans mon rêve, j’étais à Rome, près de la place Saint-Pierre, dans une petite chapelle que j’aime bien. Je priais quand j’ai ressenti une grande force, comme une bouffée d’énergie, avec l’intuition profonde que Rosalie était aussi à Rome. Je me suis levée pour aller la chercher et une femme était là, juste derrière moi. Elle m’a pris la main, guidée jusqu’à un petit escalier dont j’ignorais l’existence et emporté à travers un dédale de couloirs en sous-sol. Un moment, elle a disparu. J’étais seule, perdue, égarée. Une porte s’est ouverte. Je suis entrée. Rosalie était là.
Sans un mot, je me suis déshabillée de moi-même. Elle souriait. Elle a d’emblée approché sa main de mon pubis, et… Oh ! non. Je ne peux pas vous raconter cela. Mieux vaut me concentrer sur la lecture. Le cantique des cantiques ne parle pas de Rosalie, bien sûr. Mais tout de même, la coïncidence. Je me demande d’ailleurs comme il se fait que je la désire tant. Est-ce l’absence qui attise les braises ? Que se passera-t-il alors le jour où je la trouverai, où je ne la « lâcherai plus » ? J’ai peur que mon désir ne s’y perde. Je ne veux pas pourtant retourner dans le dédale. La lecture a décidé pour moi.
À plus !