Archives pour la catégorie Tisanière

466 — Lundi 8 février 2016

[Soupe à la chinoise (bouillon Phö) aux légumes (carotte, oignon, céleri, poireau, navet, champignon noir, ail, gingembre), aux nouilles et raviolis au porc, sauce piquante.]

[Soupe à la chinoise (bouillon Phö) aux légumes (carotte, oignon, céleri, poireau, navet, champignon noir, ail, gingembre), aux nouilles et raviolis au porc, sauce piquante.]

C’est le Nouvel An chinois, aujourd’hui ! L’année du Singe. Je ne sais pas trop à quoi cela correspond mais je trouve amusant de changer de symbole tous les ans (avec un cycle de douze) ; cela permet de donner à chaque année l’idée d’une saveur particulière. Et, fait exceptionnel, ce Nouvel An chinois tombe le jour de l’anniversaire du blogue !
— Pilipi-piou-Jo-yeux-a-ni-ver-sai-reuh !-Jo-yeux-a-ni-ver-sai-reuh !-piou-piou !
À toi aussi, Jo ! Tu n’étais pas encore là au tout début mais on en a fait du chemin ensemble !
— Pilipi-piou-Tu-es-pacsée !-piou-piou !
Tu crois que c’est le plus important Jo ? Je m’en moque un peu mais ce que j’aime, c’est dormir tous les soirs avec Rosalie, sauf quand elle va voir sa maman au couvent. Elle ramène ses affaires petit à petit et on réaménage chez elle. Peut-être va-t-elle louer à un étudiant, avec le contrat que l’on pourra stocker dans une chambre. On réfléchit. C’est bien pratique aussi d’avoir deux appartements, et rassurant.
— Pilipi-piou-Tu-as-besoin-d’être-rassurée ?-piou-piou !
Oui, Jo. Comme tous. Regarde ta porte ouverte. Tu ne sors pas. N’est-ce pas aussi parce que ta cage te rassure ?
— Pilipi-piou-C’est-chez-moi !-piou-piou !
C’est ce que je dis Jo. On habite ensemble avec Rosalie mais l’idée qu’elle a un chez elle nous permet de nous sentir plus libres. Et puis, quand les travaux de la salle de bains vont commencer, cela sera utile.
— Pilipi-piou-Et-après ?-piou-piou !
On verra Jo, on verra. Pour l’instant, on fête le blogue et le singe ! Je viens de lire que le singe est si fantasque qu’il peut tout chambouler. Advienne ce que Dieu voudra !
À plus !

461 — Dimanche 31 janvier 2016

[Épinards (frais), carottes, lentilles épices papillon, polenta.]

[Épinards (frais), carottes, lentilles épices papillon, polenta.]

Vous les auriez vues rentrer, hier, mes trois mutines après leur marche contre l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité. Elles gouttaient de partout ! J’ai dû prêter des vêtements à mon amie albinos et à Josette pour que les leurs sèchent pendant que nous prenions un bon thé. Rosalie avait acheté en route une couronne des Rois aux fruits confits. On s’est régalées. À 20 heures, elles étaient encore là ; je leur ai proposé une petite soupe, avec un yaourt, une compote et les crêpes, elles étaient ravies. Et moi aussi !
Je les ai plutôt laissées parler. C’était drôle de les entendre se raconter leurs faits d’armes gauchistes. Un sacré trio ! J’ai commencé à avoir un peu peur quand mon amie albinos a proposé de créer un « collectif » (c’est le terme à la mode) pour mener des « actions antifascistes ». Je n’ai pas bien compris où se situe le fascisme mais cela semblait tellement évident pour elles ! C’est comme cette histoire d’état d’urgence, je dois bien remarquer qu’à titre personnel, je n’en ressens aucun effet contre mes libertés.
— C’est parce que tu ne fais pas d’activisme, a argué mon amie albinos.
— Et tu n’es pas noire, a renchéri Josette.
— C’est une question de principe, a insisté Rosalie en me massant doucement la cuisse.
J’ai cédé à l’argument, je n’avais de toute façon pas envie de me lancer dans une discussion polémique. Et puis, le Riquiqui est un idiot mais je suis certaine qu’il ne cédera pas à ces quelques milliers de manifestants. Il ne me coûte donc pas grand-chose de viser l’apaisement des troupes. L’amitié est chose si précieuse et c’est tellement agréable de voir mon amie albinos rire dans les bras de Josette !
Vous allez me trouver fleur bleue mais j’aime les histoires d’amour. N’est-ce pas le plus beau qui puisse nous arriver, rencontrer notre âme sœur ? Je suis aussi tellement heureuse avec Rosalie ! Cela m’émeut de l’écrire. Je vous laisse. J’ai envie d’une petite sieste.
À plus !

441 — Mercredi 30 décembre 2015

[Endives, chou rouge, poireau, haricots rouges arrangés en sauce tomate façon ratatouille, harengs suédois, piments végétariens.]

[Endives, chou rouge, poireau, haricots rouges arrangés en sauce tomate façon ratatouille, harengs suédois, piments végétariens.]

Mais d’où vient-il ce kilo cinq pris en dix jours ? Je n’ai pourtant pas fait de folies culinaires et les vingt-quatre heures au couvent ont été très diététiques ! On y retourne deux jours, j’espère perdre cela ; je proposerai à Rosalie de faire de longues randonnées. Nous devions d’ailleurs partir le 24 au matin mais je ne vais pas pouvoir : trop de tenues de soirée à ajuster ; Rosalie fait les livraisons depuis hier, pour m’aider. Elle récupère aussi des commandes des sœurs. Et moi, je travaille une partie de la nuit. Mais j’ai prévenu mes fournisseurs ! Dernière livraison demain, 15 heures. Nous partirons dans la foulée.
Heureusement que Rosalie se charge de tout le matériel, je ne pourrais pas suivre, sans cela. Je me demande même comment je faisais avant de la rencontrer, Stéphanie n’a jamais fait grand-chose… De toute façon, nous ne partions pas en week-end non plus ; cela laissait du temps de gagné. C’est étrange ces choses que l’on fait avec les uns et pas avec les autres, le plaisir que l’on a ou pas à partager certaines choses selon la personne. Cela voudrait-il dire que nous induisons chacun des plaisirs différents ou que le plaisir d’être avec l’autre peut suffire à rendre des choses agréables ?
Je n’aime pas trop cette idée ; je préfère être heureuse seule, dans les activités que je choisis. Et pourtant, avec Rosalie, ce constat ne me contrarie pas. C’est ça l’effet Pacs ? Il doit y avoir un peu de Jésus, là-dedans. Je ne voulais pas en parler aux sœurs, de peur de les choquer. Et puis, c’est venu dans la conversation. Elles sont toutes venues nous embrasser et nous souhaiter tout le bonheur du monde ! N’est-ce pas extraordinaire de générosité et d’ouverture d’esprit ? C’est cela, de prier Jésus toute la journée, on a le cœur qui s’ouvre à l’amour, tous les amours.
J’en suis encore tout émue. Je sens que l’on va vraiment passer un réveillon de rêve pour augurer une année 2016 tout amour et volupté, loin des affres de cette politique qui ne semble que violence même quand il n’y a pas de fusils mitrailleurs en vue. Qu’est-ce donc que ce gouvernement qui sollicite la haine entre les personnes ? Manuel me déçoit beaucoup. Je le croyais homme posé qui pouvait faire du bien à la France. Il n’en est finalement rien. Je suis tellement affligée… Vive le travail ! Vive Rosalie ! Vive le couvent ! Vive Jésus ! Eux ne me décevront pas.
À plus !

429 — Samedi 12 décembre 2015

[Caviar d'artichaut (ail, huile d'olive, poivre, basilic), tofu sauté aux légumes et épices papillon, champignons de Paris, carottes et betterave râpées, riz gluant.]

[Caviar d’artichaut (ail, huile d’olive, poivre, basilic), tofu sauté aux légumes et épices papillon, champignons de Paris, carottes et betterave râpées, olives noires, riz gluant.]

Voilà, c’est fait. Le tribunal a enregistré le Pacs hier. Pas très sympathique, ce juge. Il ne semblait l’être avec personne. C’est ce qui est rassurant. On a fêté cela avec une soupe et quelques crudités. Pour le dessert, j’avais fait une compotée d’orange aux épices que Rosalie adore. Elle voulait se coucher tôt ; ce matin, elle est partie voir sa maman. Elle rentrera demain dans l’après-midi pour voter. Je vais en profiter pour travailler ; j’ai trois robes de soirée à ajuster pour le réveillon du 24 et une dizaine d’autres pour celui du 31. Elles ont toutes grossi cette année. L’âge, sans doute. C’est vrai que cela empâte, l’âge et…
— Pilipi-piou-Le-Pacs !-piou-piou !
Quoi, « le pacs » ?
— Pilipi-piou-Tu-es-contente ?-piou-piou !
Contente ? Contente ? Ce n’est pas le mot, Jo. Disons que… C’est comme ça. On ne va pas non plus en faire un formage. C’est un bout de papier, un contrat qui décide de la répartition de nos biens et fait économiser des impôts. Il faut que l’on fasse le testament, d’ailleurs. Et Rosalie m’a parlé d’un mandat de protection pour sa maman. On organise une visite chez le notaire entre Noël et le jour de l’An.
— Pilipi-piou-C’est-la-fête !-piou-piou !
Tu es tellement sentimental, Jo !
Tiens d’ailleurs, tu veux que ce soit Rosalie ou mon amie albinos qui hérite de toi ? Ce n’est pas que j’ai l’intention de mourir mais on ne sait jamais avec Jésus ; il fait parfois des choix étranges voire des blagues un peu douteuses.
— Pilipi-piou-Garde-partagée !-piou-piou !
Tu es drôle Jo ! Je vais voir cela avec elles deux.
Allez ! Je me remets au travail. J’en ai. J’en profite. Il me faudrait un peu d’argent. Rosalie voudrait que l’on refasse la salle de bains ; je trouve que c’est une bonne idée ; elle est devenue vieillotte et cette baignoire prend tellement de place inutile ! Il faudrait aussi rafraîchir quelques peintures. Tu vois où cela me mène, Jo, le Pacs ?
— Pilipi-piou-À-valoriser-ton-bien.-piou-piou !
Jo ! Tu es incorrigible.
À plus !

425 — Dimanche 6 décembre 2015

[Purée de courgette oignon et curcuma, carottes, chou-fleur, saumon grillé, riz gluant, fleur de sel.]

[Purée de courgette oignon et curcuma, carottes, chou-fleur, saumon grillé, riz gluant, fleur de sel.]

Je ne sais pas ce que va donner le vote d’aujourd’hui mais il n’y avait pas grand-monde dans mon bureau. C’est vrai que les Parisiens ne sont pas très régionalistes ; ils ont tellement l’impression d’être le centre du monde !
— Pilipi-piou-Ce-n’est-pas-le-cas ?-piou-piou !
Jo ! Comment dire… Un peu mais il ne faut pas insister, les personnes qui habitant le reste de la France nous le reprocheraient. De la jalousie, sans doute ; mais, tu sais ce que c’est, on ne peut guère luter contre cela. Regarde Jésus qui s’y emploie depuis des siècles ; il y met beaucoup d’énergie pourtant et la violence sous toutes ses formes règne encore. Jusque dans les bureaux de vote !
J’ai cru que deux mamies allaient en venir aux mains, tout cela parce qu’elles sont arrivées dans la même seconde et voulaient chacune passer devant l’autre alors qu’il n’y avait aucune file d’attente. À leur âge ! N’ont-elles pas le temps de voter ?
Je ne me suis pas interposée, j’ai laissé faire les agents de la Ville. J’étais un peu triste de voter sans Rosalie qui est inscrite dans un autre bureau. Bientôt, nous voterons dans le même, si tant est que nous arrivions à faire valider ce foutu pacs avant le 31 décembre !
— Pilipi-piou-Ah!-le-pacs !-piou-piou !
Ce n’est pas une sinécure, Jo. Je peux te le dire. On a fini par aller ensemble au tribunal pour déposer le dossier et on nous a encore donné une autre version des choses. Je me demande s’ils sont si coopératifs… Je ne peux pas l’affirmer. Cela n’empêche pas que c’est agaçant, toute cette paperasse.
Au retour, on a mis une étiquette sur ma boîte aux lettres pour que Rosalie puisse recevoir son courrier vu que désormais, nous habitons officiellement ensemble. J’étais tout émue. J’ai même cru que j’allais pleurer. Rosalie m’a prise dans ses bras. On est restées là un bon moment, jusqu’à être dérangées par le voisin du 4e qui nous a fait une tête comme si on était des Martiennes. Il ne fréquente pas la paroisse mais je sens la nouvelle va vite se propager. Je l’ai dit à monsieur le curé qui m’a promis d’être discret. Il le sera. Mais d’autres…
Il faut que je me prépare. Rosalie m’a promis de m’aider à trouver des répliques. Je vais en parler aussi à mon amie albinos ; elle a l’habitude des bonnes réparties. Et puis, qu’est-ce que je risque finalement ? Je ne dois rien à personne, suis propriétaire, travailleuse indépendante, sans famille…
— Pilipi-piou-Des-félicitations ?-piou-piou !
Jo ! Il ne manquerait plus que ça.
À plus !

403 — Vendredi 30 octobre 2015

[Blettes et fèves à la tomate épices métro (oignon, ail, herbes de Provence), carotte, panais, galette de céréales et soja vert épices colombo (orge, sarrasin, couac, flocons d'avoine), fromage de chèvre, graines de sésame grillées.]

[Blettes et fèves à la tomate épices métro (oignon, ail, herbes de Provence), carotte, panais, galette de céréales et soja vert épices colombo (orge, sarrasin, couac, flocons d’avoine), fromage de chèvre, graines de sésame grillées.]

Pourquoi suis-je toujours un peu perdue quand Rosalie est loin de moi ? On s’a souvent au téléphone mais ce n’est pas pareil, surtout depuis cette rentrée où nous dormons tous les soirs ensemble.
— Pilipi-piou-Et-ce-pacs ?-piou-piou !
Jo ! Je ne te parle pas de ça !
— Pilipi-piou-Moi-si.-piou-piou !
Mais qu’est-ce que tu veux savoir ?
— Pilipi-piou-Tout !-piou-piou !
Mais il n’y a rien à raconter ! Juste, on se pacse ; c’est le seul moyen d’hériter l’une de l’autre sans trop d’impôts. C’est une garantie, rien d’autre.
— Pilipi-piou-Et-le-mariage ?-piou-piou !
Tu n’y penses pas !
— Pilipi-piou-Ce-que-j’en-dis…-piou-piou !
N’en dis rien, Jo. Tout cela est un non-événement. Nous allons juste, Rosalie et moi, signer un contrat devant un juge pour des histoires d’argent. Ce n’est pas très glorieux. Inutile donc d’en parler plus que cela.
— Pilipi-piou-Change-de-sujet-alors.-piou-piou !
Tu m’as coupée dans mon élan.
— Pilipi-piou-Cela-va-être-de-ma-faute !-piou-piou !
Mais non, Jo. C’est juste que c’est la vie normale d’un couple qui dure et se sent vieillir de se pacser. C’est comme aller ensemble au supermarché ou en vacances. Du quotidien. Et cela n’intéresse guère nos internautes.
— Pilipi-piou-Et-Jésus ?-piou-piou !
Jésus ? Mais qu’est-ce qu’il a à voir dans mes histoires de testament et d’impôt ? Tu ne vas pas me dire que tu crois que ces choses-là ont un lien quelconque avec l’amour !
— Pilipi-piou-Un-peu,-quand-même.-piou-piou !
Si tu veux dire que je ne me pacserais pas avec quelqu’un que je n’aimerais pas, je suis d’accord. Mais cela ne va pas plus loin. On ne va donc pas en faire tout un fromage.
— Pilipi-piou-Pauvre-renard-privé-de-dîner !-piou-piou !
Voilà que tu te prends pour un corbeau ! Sacré Jo !
À plus !

400 — Lundi 26 octobre 2015

[Lentilles épices papillon, purée de courgette au gingembre, épices colombo et sauce soja, jeunes pousses, carottes, panais, tomates façon provençale, pâtes.]

[Lentilles épices papillon, purée de courgette au gingembre, épices colombo et sauce soja, jeunes pousses, carottes, panais, tomates façon provençale, pâtes.]

Je crois bien que je suis tombée sur la tête ! Je viens de me rendre compte que j’ai changé la numérotation des billets depuis près d’un mois, sans m’en rendre compte, passant de « 381 » à « 182 » et que, depuis dimanche, je me suis emmêlée dans les « 90 ». N’est-ce pas incroyable ? Je m’en suis rendu compte ce matin parce que je surveillais depuis quelques jours le quatre centième billet, ce qui me semblait à fêter. Et ce que je trouve surprenant, c’est que je savais que j’arrivais à quatre cents (sans doute parce que je numérote les photos pour les relier aux billets) et pourtant, je numérotais en centaine.
L’inconscient nous joue de tels tours ! Il ne m’a d’ailleurs pas ratée ces trois derniers jours. Là, ça va mieux mais j’ai eu tellement mal ! Et tant de difficultés à manger. Heureusement, Rosalie a su m’aider à me détendre face à cette crise mémorable de colite. J’ai le terrain pour, mais à ce point. Les soucis m’assaillent un peu. Je ne vous en parle pas car ce n’est pas très intéressant les affaires de couturière ; rien de très grave d’ailleurs ; cela me mine, c’est tout. Si l’on ajoute à cela les soucis de mon amie albinos, mon corps se fait douleur comme pour me dire de lâcher un peu la bride.
Je voudrais bien, la lâcher. Je prends tout trop à cœur, dit Rosalie. Elle n’a pas tort. J’aime le travail bien fait et les relations commerciales bien menées. Avec tous ces nouveaux commerçants, c’est difficile. Ils veulent gagner de l’argent sans en dépenser, veulent de la qualité sans la payer. Le beurre et l’argent du beurre en somme. Rosalie m’a fait remarquer que j’ai assez d’argent comme cela et que je suis propriétaire. J’ai donc la sécurité. Aimerais-je donc l’argent ?
Non, je ne crois pas. J’ai peur de manquer. Je n’ai pourtant pas connu la guerre. Je ne sais pas d’où je tiens cela. Et puis, j’aime tant mon travail. Peut-être pourrais-je me concentrer sur ce qu’il a de plus noble, récupérer ainsi un peu de temps et moins thésauriser l’argent ? Rosalie me l’a suggéré, et en même temps, elle m’a dit.
— Si tu veux, on se pacse. Mon patrimoine te fera une sécurité supplémentaire.
Sur le coup, j’ai ressenti une plus grande douleur, comme si mon corps se rebellait à la perspective. Pourquoi le ferait-il ? J’en ai tellement envie…
— Pilipi-piou-Et-tu-nous-annonces-ça-comme-ça ?-piou-piou !
Je fais ce que je peux, Jo.
— Pilipi-piou-Tu-as-dis-oui-au-moins ?-piou-piou !
Tu sais bien…
À plus !

392 — Mercredi 14 octobre 2015

[Tofu sauté aux légumes variés (chou chinois, carottes, champignons noirs, oignons, adzuki, tomate, bananes plantain) aux épices papillon, galette de céréale poêlée (soja vert, sarrasin, couac, semoule d'orge, flocon d'avoine, cumin en poudre).]

[Tofu sauté aux légumes variés (chou chinois, carottes, champignons noirs, oignons, adzuki, tomate, bananes plantain) aux épices papillon, galette de céréale poêlée (soja vert, sarrasin, couac, semoule d’orge, flocon d’avoine, cumin en poudre).]

Il y a tellement de choses que je voudrais dire que je suis un peu débordée. Et je vais en oublier, c’est sûr. Par où commencer ?
Les syndicalistes ; oui, les syndicalistes. Pour une fois que la violence communiste contre les patrons est sanctionnée, ce n’est tout de même pas moi qui vais m’en plaindre. Je veux bien leur accorder que venir les cueillir au petit matin n’était pas très délicat. Mais au moins, cela leur apprend l’ordre. Ils en ont grand besoin ! C’est d’ailleurs assez paradoxal, vous ne trouvez pas, que des bolcheviques soient aussi peu respectueux de l’ordre public ? On voit bien que le petit père Joseph est mort depuis plus de cinquante ans ! Tiens, d’ailleurs ; je ne me souviens d’aucune commémoration. Il faudra que je demande à Rosalie.
Ce matin, elle était très remontée contre la police qui fait le coup de poing chez les syndicalistes et devant le ministère de Christiane.
— Si elle n’était pas une femme noire, ils n’auraient jamais osé ! tonnait-elle au-dessus de sa tasse de thé.
C’est rare de la voir remontée comme cela. Je suis allée dans son sens. Je ne sais pas si elle a totalement raison mais je pressens qu’elle n’a pas totalement tort. Et puis, je l’aime. Je ne lui ai rien dit à propos de ce que je pense de ces délinquants syndicaux qui s’en prennent à de si jolies chemises (de la qualité, cela se voyait autant que cela avère la violence de leurs actes). Je suppose qu’elle sait ce que j’en pense, et réciproquement.
De mon côté, j’étais aussi en colère contre François 1er ; cet homme présumé homosexuel pressenti pour être ambassadeur de France au Vatican serait définitivement mis sur la touche. Au moins, Laurent a bien réagi : il n’y aura pas d’ambassadeur de France au Vatican avant la prochaine présidentielle. C’est radical mais on ne peut pas accepter non plus n’importe quoi de la curie romaine, notamment pas l’exclusion d’un laïc à raison de sa vie privée.
— Pilipi-piou-Il-aurait-affolé-les-gardes-suisses !-piou-piou !
Jo ! Tu crois qu’ils ont besoin de cela pour l’être ?
À plus !

361 — Samedi 8 août 2015

[Champignons chinois, chou chinois, poivron rouge et oignons cuisinés aux épices papillon (gingembre, bois d'Inde, piment végétarien et coriandre fraîche), chou rouge, bananes plantains poêlées, carottes, tièle sétoise, cornichon, fougasse aux olives.]

[Champignons chinois, chou chinois, poivron rouge et oignons cuisinés aux épices papillon (gingembre, bois d’Inde, piment végétarien et coriandre fraîche), chou rouge, bananes plantains poêlées, carottes, tièle sétoise, cornichon, fougasse aux olives.]

Qu’il était joli le sourire de cette jeune femme libérée hier après cinq mois de détention au Yémen ! Et sa voix, sereine, calme, et pourtant empreinte d’une grande fatigue et de souffrances qu’elle va porter longtemps. J’espère que cette jeune femme a la foi ; cela l’aidera. Vous avez remarqué comme le Riquiqui l’était encore plus aux côtés de Laurent ? Il est bien, ce Laurent, dommage que les socialos ne lui aient jamais plus fait confiance après l’affaire du sang contaminé. Il aurait fait un président autrement plus efficace et digne !
N’y pensons plus ; revenons à l’amour ; c’était si émouvant de voir ces retrouvailles, son papa, sa maman, sa tante, et sa « meilleure amie ». Vous avez déjà vu une « meilleure amie » sur un tarmac de libération d’otage, vous ? Il n’y a pas eu de baiser historique mais mon petit doigt me dit que si la presse people fait bien son travail, on risque d’avoir des révélations prochainement.
— Pilipi-piou-Tu-encourages-le-voyeurisme ?-piou-piou !
Mais non, Jo ! Tu penses bien. C’est juste que cela m’intrigue et que j’aimerais bien savoir. Remarque, c’est peut-être parce que j’ai eu mon amie albinos au téléphone juste avant les informations. Elle était tout excitée ! Elle avait prévu de longue date des vacances avec trois amies, dont la Principalate que vous connaissez si vous suivez le blogue de Petit Mouton et de Petit Koala. Elles partent la semaine prochaine, juste après nous. Eh bien ! la bonne nouvelle, c’est que Josette va pouvoir les rejoindre au cours de leur périple.
Alors moi, devant une telle nouvelle et cette « meilleure amie » sur le tarmac, j’ai fait un et un égale deux. Mais peut-être que je me trompe et je suis d’accord Jo que cela ne me regarde pas. C’est comme pour mon amie albinos ; je me demande vraiment comment Josette s’y prend pour se l’attacher ainsi. Je ne l’ai jamais vue comme ça, surtout sur la durée ! Peut-être que les parpaillots ont des pouvoirs particuliers en matière amoureuse ?
Je vais demander à Jésus, tout à l’heure, et à monsieur le curé si je le croise. Je leur ai toujours trouvé un air un peu louche à ces pasteurs. Il ne faudrait pas non plus que mon amie albinos soit envoûtée ! Quelle horreur !
À plus !

337 — Lundi 6 juillet 2015

[Tofu cuisiné aux oignons, épinards, petits pois, tomates et épices métro, tomate, carottes, poisson pané, riz gluant.]

[Tofu cuisiné aux oignons, épinards, petits pois, tomates et épices métro, tomate, carottes, poisson pané, riz gluant.]

Voilà. Ils ont dit non ! Si tous les mariés de la terre en faisaient autant, ce serait une belle libération pour la planète ! Je plaisante, bien sûr, car si tout le monde se mariait dans l’esprit chrétien, justement, l’économie s’en porterait mieux tant les familles porteraient au quotidien les valeurs que les banquiers oublient. C’est vrai que ce « Non » grec a tout même quelque chose de réjouissant. Mais je ne vais pas me mettre à épouser la cause des gauchistes communistes qui résistent à la finance internationale et au diktat des grands argentiers. Je serais folle !
— Pilipi-piou-Perdu !-piou-piou !
Jo ! Tu as raison… C’est bon la folie. C’est bon de dire non à l’ordre établi quand il opprime les plus pauvres. N’est-ce pas ce qu’a fait Jésus, s’opposer aux puissants pour prêcher l’amour et le renoncement aux valeurs matérielles, celles qui corrompent et avilissent le cœur ? C’est tout de même un peu paradoxal, cette affaire. Nous avons en Jésus le plus grand résistant à la finance de l’histoire de l’humanité et, d’un autre côté, la défense de cette même finance est le lot des partis politiques de droite libéraux même si des dirigeants éclairés comme le Grand Charles ont su garder l’idée que le peuple ne devait pas être le dindon de la farce.
Cela est si déroutant. C’est comme moi. Comment se fait-il que je sois amoureuse d’une gauchiste communiste et que ma meilleure amie soit une gauchiste anarchiste alors que leurs convictions vont à l’encontre du dogme catholique et de la pensée conservatrice libérale, les deux mamelles de mes convictions ? Comment puis-je gérer une telle incohérence sans en souffrir plus ? Car je n’en souffre effectivement pas ! Hier matin, j’étais à la messe ; hier soir, j’étais à la République avec Rosalie. J’y étais parce que je l’aime, pas parce que je soutiens Alexis.
Est-ce donc cela l’amour, celui que je cherche depuis si longtemps, celui qui nourrit ma foi, et réciproquement ? J’en suis tout ébaudie. Je dois trouver un moyen de fêter ça. Il doit rester un morceau de gâteau au chocolat de Josette. Cela te tente, Jo ?
— Pilipi-piou-Fais-péter-le-gâteau !-piou-piou !
À plus !